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Le Grand Tétras

 

photos tetras

 

IDENTIFICATION (description, morphologie,…)

Le grand tétras est le plus gros galliforme sauvage européen. Il appartient à la famille des tétraonidés, qui est un groupe d’espèces d’origine boréale. C’est un hôte typique des taïgas eurasiatiques, mais il a colonisé les montagnes d’Europe du sud à la faveur des dernières glaciations, dans lesquelles il est resté lors du retrait des glaciers; on le qualifie pour cela chez nous de “relique glaciaire”. Les mâles, dominés par des teintes noires et brun sombres, avec des reflets verts et bleus, sont deux fois plus gros que les femelles, qui sont de couleur brun roux, finement mêlé de blanc. Comme chez tous les tétraonidés, une plage de peau nue, le caroncule, surmonte l’œil chez les 2 sexes, mais est plus visible chez le mâle. La distinction entre jeunes coqs et jeunes poules est possible dès la fin de l’été, après l’apparition de plumes noires sur le dos et le cou des coqs. Deux sous espèces habitent la France : Tetrao urogallus aquitanicus dans les Pyrénées et Tetrao urogallus major dans les autres massifs montagneux. Les mâles de la sous espèce pyrénéenne mesurent  de 81 à 94 cm de long, pour un poids variant de 222,6 à 4,2 kg; pour les femelles les dimensions vont de 58 à 62 cm de long pour un poids de 1,2 à 2 kg.

 

HABITAT (aire de répartition,…)

Le grand tétras est une espèce typiquement lié aux vieilles forêts résineuses, mais dans les Pyrénées, les habitats utilisés sont toutefois assez diversifiés : on le trouve dans des hêtraies sapinières, des sapinières et des hêtraies pures, pineraies de pins à crochets, pineraies à pins sylvestre, des chênaies à chênes sessile, dès lors que ces forêts présentent un couvert assez clair pour qu’une végétation de sous bois s’y développe. Les formations pionnières proches de la lisière supérieure des forêts, ainsi que les landes subalpines à rhododendron, myrtille et genévrier sont également de très bons habitats. La majorité des effectifs y vit entre 900 et 2 400 m d’altitude.

Il habite le nord de l’Eurasie, de l’Ecosse jusqu’en Sibérie et en Chine; les populations nordiques s’étendent sur des territoires immenses, mais celles d’Europe centrale et méridionale sont de relativement petites taille et isolées les unes des autres.

En France, la présence régulière de l’espèce, au cours de tout ou partie de son cycle annuel, est attestée sur 458 communes réparties sur six départements pyrénéens, le département alpin de la Haute Savoie, trois département de la chaîne du Jura, sept départements du massif vosgien, et le département de la Lozère dans le massif central, au cours de la décennie 1990-99. La population de Lozère, qui résulte d’une tentative de réintroduction, comporte un effectif très restreint (inférieur ou égal à 50 adultes).

 

COMPORTEMENT (vol, parade,…)

Le grand tétras est actif surtout en début et en fin de journée. A l’aube, il quitte son perchoir pour se mettre en quête de nourriture. Rassasié, il passe le reste du jour tapi dans les hautes herbes ou les buissons, sous les branches basses d’un arbre ou à nouveau perché, suivant la saison. Cette longue période de repos, voire d’immobilité complète, est souvent entrecoupée de brèves périodes d’activité consacrées à s’alimenter et à prendre des bains de poussière. En pleine saison de reproduction, les mâles commencent à chanter une heure avant le lever du soleil et peuvent demeurer sur l’arène pendant une à huit heures, selon les conditions atmosphériques, le nombre de congénères, la présence ou l’absence de poules. L’activité de chant reprend généralement le soir, mais elle est plus courte. Contrairement aux adultes, les poussins se nourrissent presque tout le jour, soit près de 16 heures en juillet, et ne s’interrompent que quelques fois pour se reposer et se réchauffer sous leur mère. Par mauvais temps, ils peuvent demeurer longtemps sous la poule au lieu de s’alimenter. Des pertes importantes peuvent alors survenir.

Les mâles ont tendance à défendre un territoire de reproduction le plus près possible de leur lieu de naissance, sur des zones traditionnelles, nommées places de chant ou arènes, sur lesquelles ils établissent une hiérachie, et où les femelles viendront choisir les mâles dominants. Ils tendent à retourner sur leur site de naissance pour la mue estivale, tandis que les poules se fidélisent sur des sites d’hivernage et de reproduction plus éloignés du lieu de leur naissance, et effectuent durant leur vie une migration saisonnière entre ces deux sites, parfois distants de plusieurs km.

Comme tous les galliformes, le grand tétras n’est pas un voilier au long court, il est capable d’envols puissants et rapides, mais ses déplacements en vol excèdent rarement 1 km. Après un envol remarquable par de puissants battements d’ailes, le vol du grand tétras, relativement rectiligne, alterne période de glissé et petits battements effectués ailes tendues.

 

NIDIFICATION (période, nombre d’œufs par poule, durée couvaison, …)

Espèce polygame, l’âge de maturité sexuelle et sociale des coqs est de 2 à 4 ans, tandis que les poules se reproduisent dès l’âge de un an.

En moyenne, la ponte comporte 6,5 œufs (sous espèce aquitanicus) ou 7,5 œufs (sous espèce major) ; à la fin août, environ 30% des poules mènent une nichée comptant en moyenne 2,3 jeunes, soit un indice de reproduction moyen de 0,7 jeunes élevés par poule. Les nids sont établis au sol, et sont de ce fait relativement vulnérables. Les poussins quittent le nid dès la première journée suivant l’éclosion, et sont conduits par leur mère seule durant 6 à 15 semaines.

 

REGIME ALIMENTAIRE

L’adulte se nourrit essentiellement de végétaux. Son régime alimentaire varie au fil des saisons. De novembre à avril, il est presque uniquement constitué d’aiguilles de conifères (pin sylvestre, pin à crochets, sapin, genévrier…) que l’oiseau peut assimiler grâce au développement remarquable de ses caeca, ramifications du tube digestif abritant une faune bactérienne capable de transformer la cellulose. En avril mai, l’augmentation des besoins énergétiques due aux activités reproductrices conduit le grand tétras à rechercher des aliments riches en protéines. Il consomme alors des bourgeons de hêtre, de sorbier des oiseleurs et de myrtille, des chatons de saules et de bouleaux, des inflorescences et des pousses de plantes herbacées.

Son régime alimentaire se diversifie de juin à septembre avec la consommation d’environ 150 plante herbacées différentes puis, à mesure de leur disponibilité, de baies de myrtilles, de framboisiers, de sorbiers. Cette nourriture riche lui fournit l’énergie nécessaire au remplacement du plumage. L’alimentation automnale constitue une transition vers le régime hivernal.

Les poussins se nourrissent d’arthropodes durant les 4 premières semaines de leur vie, puis passent progressivement à la nourriture des adultes.

ESTIMATION DU NOMBRE D’OISEAUX

Estimation en cours d'actualisation.

 

 

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